Doit on rajouter du siccatif quand on peint ?

C’est souvent une question que l’on me pose quand je visite des ateliers :  doit on rajouter du siccatif qunad on peint
On trouve tout et rien sur le net, et souvent n’importe quoi. Il faut savoir que les siccatifs se composaient avant de plomb et de manganèse, de résine et d’huile dissoutes dans de l’essence de térébenthine ou du white spirit.
Mais ces produits se sont avérés très dangereux pour l’être humain, donc depuis le 30 juillet 2002 les lois européennes ont obligé les fabricants à revoir leurs copies, et le siccatif au plomb et aujourd’hui en réalité un siccatif au ZIRCONIUM, beaucoup moins dangereux mais tout aussi efficace.
Les siccatifs ajoutés à la peinture à l’huile favorisent la dessication (le séchage) du film de peinture, mais aussi hélas sont vieillissement.

Donc dangereux pour vos peintures.

Doit on rajouter du siccatif quand on peint ?

sic_courtrai_brToutefois  l’apport  de siccatifs est parfois indispensable, notamment pour les blancs et les bleus qui sont fabriqués à partir d’huile d oeillette ou d huile de carthame, beaucoup moins siccatives que l’huile de lin.
En réalité, ce qui peut poser problème c’est quand vos huiles ont des temps de séchage différent.
Si vous utilisez des huiles qui sont fabriquées exclusivement avec de l’huile de carthame, le problème ne se posera pas du tout car l’ensemble de vos huiles auront le même temps de séchage.
Par contre, si vous utilisez des huiles qui sont fabriquées avec de l’huile de lin et certaines avec de l’huile de carthame, d’oeillette ou de tournesol, alors là, vous pouvez rencontrer des problèmes  du au temps de séchage différent, et cela pourrait occasionner des fissures, des  craquelures.
Vous pouvez influencer la durée de séchage naturelle des couche de peinture, en utilisant  une huile ou un médium siccativant, comme l’huile de lin cuite ou un médium à peintre séchant vite, voire une pate à peindre.
Autrement vous pouvez ajouter quelques gouttes de siccatif dans les médiums que vous fabriquez vous-même.
Le dosage de ces siccatifs est à mesurer soigneusement afin de ne pas affecter le film pictural.image
Généralement, il est conseillé de mettre entre 3 et 5 % de siccatif dans votre médium.
Mais comme, je vous l’ai dit plus haut, c’est l’harmonie des temps de séchage, donc, si vos peintures sont fabriquées à base d’huiles différentes, vous devrez préparer un médium spécifique pour vos peintures fabriquées à base d’huile de Carthame ou d’huile d’oeilette.
Préparez dans un petit récipient à part, un peu de médium et deux à trois gouttes de siccatif.
Il existe deux grands type de siccatif :
Le siccatif de COURTRAI  (blanc), vous le trouverez chez tous les fabricants  européens, il est fabriqué à base de ZIRCONIUM.
Et
Le Siccatif de COURTRAI BRUN, appelé aussi SICCATIF de HARLEM, il est fabriqué à base de ZIRCONIUM et de MANGANESE.

Attention, l’utilisation du siccatif est vraiment quelque chose que vous devez prendre avec prudence, il vaut mieux l’utilisation d’une huile siccative , voir acheter un medium à séchage rapide plutôt que de rajouter du siccatif à votre médium si vous êtes novice.

Comment faire un Frottis

 
Le frottis est une technique de peinture directe à caractère spontané.
Comme nous pouvons le deviner à travers son nom, il s’agit de frotter le support sur lequel nous peignons, en adaptant  son geste pour utiliser et révéler la matière du fond et la faire participer à la matière picturale.
Un frottis s’exécute donc de préférence sur une surface texturée, que ce soit une toile ou un support quelconque dont la couche d’apprêt ou l’enduit contient des sillons ou des empreintes plus ou moins profondes.
J’ai souvent utilisé cette technique que j’appelle plutôt un arraché qu’un frottis, et je peignais à l’époque sur de la toile de jute très grossière.
Cette technique demande des pinceaux ronds, plats et durs qui se manient de plusieurs façons.
Par pinceaux durs, j’entends des brosses dures comme peuvent l’être la soie de porc, ou des brosses synthétique dont les fibres sont brunes foncées.
Il faut absolument éviter, les soies naturelles comme la martre, la mangouste, le petit gris, l’oreille de bœuf etc… 
Le frottis permet des traits droits ou courbés, des points, des touches courtes ou longues, et des plages colorées, qui s’appliquent d’un mouvement circulaire.
Cette technique se caractérise par une peinture opaque en couches superposées.
La peinture est à peine diluée, ou pas du tout ce qui assure le séchage rapide des couches de peinture.
La technique s’applique aux couches humides ou sèches. Pour composer un tableau au frottis ou à la peinture par couches superposées, il faut d abord appliquer les coloris foncés, ensuite les clairs pour terminer par les rehauts et les ombres.
Les couches de peinture sous-jacentes ne sont pas entièrement recouvertes, mais gardent une fonction dans l’ensemble.  Ne prenez pas trop de peinture sur le pinceau, car des couches de peinture épaisses pourraient entièrement recouvrir ces couches sous-jacentes. Le mélange des couleurs se fait sur la palette ou sur la toile.

 Comment faire un Frottis

Exemple

Ce portrait d’enfant d’Augustus John illustre la technique du frottis, appliquée à la peinture par couches superposées.

Comment peindre au frottis
Robin c.1912 Augustus John OM 1878-1961

Les couches de peinture s’appliquent en respectant  un temps de séchage entre les différentes couches de peinture.
Les traits de pinceaux verticaux et horizontaux de la chemisette sont visibles. Il a fallu plusieurs couches superposées pour la réaliser.
 Robin c.1912 by Augustus John OM 1878-1961
La chevelure est peinte aux traits fluides, évitant un effet statique de l’enfant.
Les couleurs claires ont été appliquées en dernier lieu, comme je vous l’ai indiqué ci-dessus.
L’arrière-plan est sobre afin de porter l’attention avant tout sur l’enfant.
Les ombres ont été appliquées au-dessus des couleurs opaques de la chemise aux traits de pinceaux vigoureux, alternativement opaques et secs, en diluant très peu la peinture.
L’œuvre se compose essentiellement de traits de pinceaux vigoureux, à l’acception du visage de l’enfant.
 

Cette œuvre se trouve à la TATE GALLERY

Robin était le troisième fils d’Augustus John et de son épouse Ida; il avait huit ans quand ce portrait a été peint. John utilisait souvent sa famille comme modèles, en particulier pour son travail moins conventionnel.
Dans cette étude intime, les cheveux longs ébouriffés de l’enfant suggèrent à la fois la liberté et de l’ambiguïté du genre. La perspective rapprochée perturbe également les limites de la distance habituellement maintenues dans le portrait.
 
La conscience de Robin d’être examinée par son père pourrait être interprété comme trahir le ressentiment ou un  malaise. Les deux ont eu une relation difficile.
Source Tate Gallery Londres
 
Augustus John OM 1878–1961
ROBIN Huile sur bois  451 x 305 mm