Comment bien choisir son papier aquarelle, quelques conseils

Comment choisir Papier aquarelle

Choisir son papier aquarelle ici filigrane moulin du coq

« Tout d’abord respectez votre papier! »   J.M.W.Turner

Quand j’étais jeune, (holà–là il y a longtemps), la première fois que je suis entré dans un magasin Beaux-arts et que j’ai voulu choisir un papier, j’ai été intimidé par le choix, les noms, les grammages, les tailles, et tout était confus pour moi. Je suis ressorti n’ayant osé demander un renseignement au vendeur.
Choisir un papier aquarelle correcte ne doit pas être aussi difficile…

Mais comme avec la plupart des choses, dans la vie, vous obtenez, ce que vous payez.

Nous n’avons pas tous les moyens de payer nos matériaux chers, malgré tout, quand on veut faire des progrès la meilleure des qualités, vous aide déjà beaucoup, surtout quand on débute.
Je connais, un artiste, qui s’appelle Yvan SALOMON, qui a la particularité de travailler sur un papier aquarelle de la marque Canson, le MONTVAL, qui est un papier d’entrée de Gamme.  Mais il a un tel Talent, il connaît ce papier, il connaît ses couleurs, et il a réussi à dompter ses différents matériaux.
Yvan solomon aquarelle
Mais vous, qui débutez à l’aquarelle, avez-vous son expérience ? avez-vous son talent… ?
Par forcement, alors suivez mon premier conseil, achetez un papier de Qualité, ou alors vous risquez de perdre, une bataille qui n’a pas encore vraiment commencé.
Avec peinture acrylique, il est facile de peindre sur des erreurs, mais l’aquarelle est impitoyable. Votre papier peut vous sauver.
 

Il y a trois façons de produire du papier aquarelle et trois textures différentes disponibles.

Fait à la main

Ils sont fabriqués à partir de fibres textiles comme le coton, le lin et le chanvre et leur surface sont généralement enduits avec de la gélatine.
C’est une vraie  joie de travailler sur ce type de papier, car il est solide, n’ondule pas  et a une belle texture irrégulière.
Habituellement 100% coton ou en lin, ou un mélange de chiffons d’où le terme «100%% de chiffon». Il peut être coûteux, voire très coûteux, mais il en vaut la peine, au moins pour une œuvre spéciale.
La qualité, les propriétés et les prix de ces papiers dépendent de l’endroit où ils ont été faits.

Fait sur forme Ronde

La fabrication traditionnelle sur forme ronde, également appelée « papier moulin », est la préférée des aquarellistes. ARCHES-TETE-MACHINE-FORME-RONDEPlus lente et onéreuse à fabriquer, elle garantit un papier haut de gamme, reconnaissable à ses bords frangés.
Le tamis rond de cette méthode à l’ancienne, grâce au mouvement rotatif de son cylindre, répartit les fibres sur le feutre de manière aléatoire, pour une surface plane et stable, qui, en pratique, donne un plus grand contrôle de la couleur à l’artiste.
Cette technique de fabrication donne une forme de papier plus uniforme que le papier à la main, cependant, dans la pratique, il peut se sentir un peu comme papier fait à la main, il est aussi extrêmement stable et durable, ne se déforme pas, même si vous mouillez abondamment.
 

Faits à la machine ou table plate

La fabrication moderne sur table plate, plus rapide et économique, permet de produire un papier de bonne qualité. Lemachine-papier-lancey-M8_15 tamis long des machines modernes assure une orientation régulière des fibres : le papier sera bien calibré, mais sensible aux gondolements et à l’étalement de la couleur.
C’est de la pâte de bois, qui est utilisée parce que c’est une matière première moins chère, ce qui rend le produit moins durables (imaginer essayer de frotter sur une couleur pour rattraper une erreur, cela va mal et puis …. la catastrophe, le papier se désintègre sous votre brosse !) Également due de la teneur en acide lignine qui est dans la pâte de bois , et qui peut jaunir avec le temps.
 

Les caractéristiques du papier aquarelle

papier aquarelle
 

Son grammage

Il détermine généralement  sa tenue à l’humidité, plus il est épais, et moins il risque de gondoler. Pour l’aquarelle, en France, on privilégie les 300 grs, alors qu’en Allemagne, ils sont plutôt sur du 200 grs mais collé quatre côtés.
Quand vous humidifiez abondamment votre papier, il se gonfle, si vous le fixez, il reprend sa forme de départ.

Son grain

Les trois surfaces de papier aquarelle

 
Grain Torchon ou Rugueux – Une texture variée prononcée, il est idéal pour les débutants, il autorise les défauts, les imperfections. Son grain nuageux en fait un papier idéal pour les paysages.
 
Grain Satiné ou pressé à chaud – Ce papier aquarelle a une surface très lisse. Je ne le connais que dans la gamme Canson Arches. Il ressemble étrangement à un papier bristol dans sa texture. Pour l’aquarelle, c’est un papier très difficile d’approche pour les débutants, car il ne permet aucune imperfection.
 
Grain Fin ou Pressée à froid  –  C’est le papier entre le papier rugueux et pressé à chaud, ayant une surface légèrement texturée ce document est parfois appelé PAC. Le Nom signifie « Pressé à chaud »

Sa couleur

Et oui, là vous allez me dire : Thierry tu es fou, le papier aquarelle c’est blanc,
Et bien non, détrompez-vous. Il existe plusieurs nuances du blanc, et la marque Daler Rowney, faisait même des papiers pour aquarelle de couleur (vert, jaune, rose, bleu pastel)
Par contre, le papier est naturellement blanc cassé, quand vous trouvez un papier blanc blanc, c’est qu’il a été traité.
Mais les couleurs que nous trouvons plus facilement sont : Blanc, très blanc et ivoire.
 
Alors allez, à vos papiers ! Et surtout comme disait Turner : « Tout d’abord respectez votre papier! »
 
 

Jan Van Eyck et La peinture à l'huile, Vernis et Médium

Voici une nouvelle vidéo, dans le cadre, les peintres et leurs recettes.
Et non, ce n’est pas Jan Van Eyck qui a inventé la peinture à l’huile, decouverte bien avant, il lui a seulement donné un Vernis et Un médium ou vernis à peindre., ce qui a révolutionné la peinture à cette époque.

J’aborde, la recette du vernis, et du vernis à peindre de Jan Van Eyck.

Je parle bien de vernis, car c’est assez récemment, que l’on donne le nom de médium au vernis à peindre.
Dans la première partie de cette vidéo, je décrypte, la vie de Jan van Eyck, mais aussi de ses deux frères, Hubert et Lambert.
Eh oui, on parle souvent d’Hubert, mais rarement de Lambert, pourtant, les trois frères Van Eyck sont tous Peintres.
On parle plus d’Hubert, parce qu’il a peint avec son Frère Jan, le Retable «  Agneau mystique ».
Agneau_Mystique_Big
 
 
Jan_van_Eyck_-_Man_in_a_Turban_-_WGA7597Mais il est vrai que les Van Eyck sont avant tout, une énigme.
Pour Jan, nous ne connaissons pas avec exactitude, ni le lieu de naissance, ni la date de naissance, et en plus le nom de famille en lui est simplement dû au fait qu’il soit né (peut-être) à Maaseik, une ville de la banlieue de Liège en Belgique.
En effet, on peut traduire le nom de Jan de la façon suivante, Jan Van pour De en Flamand et Eyck pour la fin du nom de la ville Maaseik.
 
 

Jan Van Eyck a eu deux protecteurs:

1 – Jean III de Bavière évêque de Liège, il a été pour lui, Peintre à la cour et Valet de Chambre.
2 – Le Duc de Bourgogne, Philippe le Bon, pour qui il sera, non seulement le peintre de la cour, le valet de Chambre, mais avant tout le chargé de mission secrète.
Parmi ses missions, il aurait préparé le voyage du Duc en Terre Sainte, (et non comme en Italie comme je l’ai dit dans la vidéo) . Certains tableaux issus de son atelier comportent des vues typographiques précises de la ville de Jérusalem à cette époque.
Maintenant, pour revenir, à la recette du vernis de Jan van Eyck, il faut savoir, qu’a l’époque, la plupart des peintres peignaient à la tempera, et vernissaient leur tableau, à l’aide d’un vernis très épais, qu’il fallait laisser sécher au soleil ou auprès d’une source de chaleur.
Un jour, l’une des œuvres de Van Eyck s‘est fissurée sous l’effet de la chaleur, à partir de ce moment-là, il a cherché comment avoir un vernis qu’il n’obligeait pas à être séché par une source de chaleur.

La cuisson de l'huile de lin photo @Thierry Mercier
La cuisson d’une huile de Lin photo @thierry Mercier

C’est là qu’il a découvert un vernis, fabriqué à base d’huile de Lin ou de noix, de poudre d’os et de verre pilé.
Ensuite, on ne sait pas vraiment comment, il a découvert, que l’on pouvait peindre avec ce vernis, certains historiens d’art, pensent qu’il aurait essayé de rattraper une erreur directement dans le vernis non sec.
Van Eyck n’a pas abandonné pour autant la technique à tempera, ou il a longtemps, peints ses fonds à la tempéra et finis ses tableaux à l’huile.
Le vernis à peindre ou Médium qu’il utilisait se composait de :
une part de son vernis dilué avec un peu d’essence de térébenthine et une part de jaune d’oeuf , ensuite il allongeait le mélange avec de l’eau, ajouté au goutte à goutte, tout en secouant énergiquement le mélange.
Et il broyait ses couleurs avec de l’huile de lin ou de noix crue.